L’Auberge de l’Isère menée en bateau !

Cela fait dix jours que la Mairie de Romans a lancé son plan communication sur son choix de céder la maison des Chapeliers (ex Maison de la Nature et de l’Environnement) à un investisseur privé pour le projet dénommé « la Belle Maison ».

Ce plan communication a démarré plus précisément jeudi 13 avril à 16 heures, à la sortie de la réunion avec le collectif citoyen de « l’Auberge de l’Isère »  annonçant que, malgré sa qualité, ce projet n’était pas retenu.

Décryptons ce qui est dit au regard des faits.

Un désaccord de fond sur la destination de « ce patrimoine d’exception » :

La Mairie affirme  que « ce bâtiment se prêtait plus à un projet privé que public ». Nous partageons avec la Mairie le fait qu’il s’agit d’ « une maison de caractère idéalement située dans un écrin de verdure, en bord d’Isère », que c’est un « patrimoine d’exception ». Et c’est pour cela que nous pensons à l’inverse de la Mairie que ce lieu doit rester un bien commun pour tou-tes les Romanais-es.

Télécharger la fiche du tènement
Télécharger la fiche du tènement

Ce lieu n’est pas toujours bien connu des Romanais-es, car il n’est pas très attrayant vu de l’extérieur, et n’a jamais vraiment été mis en valeur. Mais tous les membres des associations hébergées dans l’ex-MNE, et fût un temps ceux d’Empi et Riaume et les visiteurs du premier musée de la chaussure ont eu la chance de voir l’envers du décor, le beau, le magique ! C’est en effet, à Romans, la seule maison de caractère donnant directement sur l’Isère, et ceci dans le centre de la ville.

Bien commun ou privatisation ?

En 2014, la Mairie avait la possibilité de garder ce patrimoine dans son giron à moindre coût dans le cadre du projet de pôle de ressource environnement en grande partie financé par la Région et l’Europe. En effet, en investissant 300.000€ (une somme guère plus importante que celle nécessaire pour accueillir le Tour de France cycliste), la Mairie bénéficiait alors de subventions pour la restauration de l’ex-MNE et restait propriétaire de ce bâtiment d’exception dont la valeur marchande aurait largement dépassé le million d’euros. Au final, les Romanais-es se voient dépossédé-es de ce patrimoine pour 115 000€ (proposition d’achat du projet « Belle Maison »).

Le projet de l’ « Auberge de l’Isère » a pour objectif de préserver ce patrimoine en tant que bien commun des Romanais-es, pour qu’il puisse continuer à bénéficier à tou-tes. En 2016, le collectif a proposé à la Mairie d’en rester propriétaire en négociant un bail emphytéotique*. Celle-ci l’a refusé compte tenu de sa position de principe à savoir que ce bien d’exception doit être privatisé ! Dans ce contexte, la solution proposée par l’Auberge de l’Isère, associant une SCI, une SCIC et une association 1901 unies par une charte, permettait que l’avenir de ce bien commun ne dépende pas des décisions d’un ou de quelques investisseurs.

* Bail de longue durée permettant l’occupation du site sans en être propriétaire; le collectif de l’auberge de l’Isère souhaitait en effet restaurer le lieu, le faire vivre et proposait, par principe, que la mairie en reste propriétaire.

Un « appel à projet » sans transparence

La Mairie parle « d’appel à projet ». Cela sous-entend que le choix de la Mairie se serait fait dans le cadre de règles clairement établies et transparentes pour l’ensemble des candidats. Dans les faits il n’en a rien été, le collectif de l’Auberge de l’Isère découvrant au fur et à mesure, voire a posteriori, le cahier des charges de la Mairie pour la vente de ce tènement.

Un plan de communication de la Mairie bien huilé:

La Mairie a donc convoqué les membres du collectif le jeudi 13 avril 2017 à 15 heures pour leur faire part de sa décision concernant la maison des Chapeliers. Elle a arrêté son choix sur un autre projet tenu secret tout au long  de cette entrevue. Puis le collectif découvre enfin oralement les 8 critères de sélection. La Mairie précise que, dans ces critères, c’est le montant des investissements, la capacité financière et le nombre d’emploi prévu qui ont fait pencher la balance vers le projet X. La grille comparative d’analyse des deux projets promise par la mairie lors de l’entretien ne sera  finalement communiquée au collectif que huit jours plus tard.

Les critères de la Mairie à télécharger

Par contre, dès 16 heures, à la sortie de la réunion, toute la communication de la Mairie concernant le projet X devenu projet « Belle Maison » était déjà en place : conférence de presse, annonce sur le site Internet de la Mairie, etc… Le collectif de l’Auberge de l’Isère n’aura finalement connaissance de cet autre projet que par le site internet de la mairie et pour certains détails par la presse.

Par ailleurs , la Mairie reconnaissant la qualité du projet « Auberge de l’Isère » annonce qu’elle serait prête à étudier la possibilité d’un autre endroit… sans pour autant avoir le début d’une piste de lieu à proposer concrètement.

Le plus grave est dans ce qui suit :

Une semaine après cette réunion, le collectif Auberge de l’Isère découvre dans la presse (Impartial du 20 Avril 2017) que le projet de la « Belle Maison » ne respecte pas un point règlementaire que la Mairie avait elle-même exigé oralement le 15 Décembre 2016 lors d’une réunion technique : la servitude de marchepied  (accès public aux Berges de l’Isère).

 

Pourtant lors de la réunion de restitution la question a été clairement posée : « le projet concurrent respectera-t-il bien la servitude de marchepied ? » La réponse donnée par la mairie a été :  « évidemment, le projet X respectera la réglementation… ». Elle ne dévoile pas à ce moment l’appréciation du préfet mentionnée dans l’article de l’Impartial du 20 avril qui dit : « cette servitude n’est pas conservée pour la « Belle Maison ». Suivant l’appréciation du préfet, cette servitude est non-nécessaire en raison de la discontinuité du parcours. ». Ce point de droit reste à élucider.

Or cette servitude est un élément déterminant pour l’usage du lieu et pour sa valorisation financière ! En effet, le fait de devoir ou non laisser le libre passage au public le long de l’Isère est déterminant sur la valeur du bien. Un des critères essentiels de choix de la Mairie, le prix du tènement en est donc faussé. Le prix proposé par le collectif Auberge de l’Isère a été de 50.000€, compte tenu de cette servitude dévaluant fortement la valeur du bien ; le prix d’achat proposé par La Belle Maison est de 115.000€, sans la servitude pour ce lieu d’exception, ce qui est un prix ridiculement bas ! Le collectif de l’Auberge de l’Isère avait bien entendu pris en compte cette servitude imposée lors des réunions techniques avec la Mairie dans l’offre d’achat du tènement.

Il faut enfin bien se rendre compte que la vente de ce terrain, non assortie de cette servitude de marchepied, interdira à tout jamais l’accès aux Romanais-es de « ce lieu d’exception idéalement situé dans un écrin de verdure  » avec  la possibilité pour le futur propriétaire d’en faire ce qu’il veut.

Alors, quoi ?

Nous vous invitons donc le

Vendredi 5 Mai 2017 à 19h
à la Maison de Quartier Coluche

à venir débattre avec nous de toutes ces questions concernant l’avenir de cette maison , de ces berges, de ce que nous souhaitons envisager ensemble pour un avenir respectant le bien commun.

 

Maison de quartier Coluche – 42 rue André Chenier 26100 Romans-sur-Isère

4 réflexions au sujet de « L’Auberge de l’Isère menée en bateau ! »

  1. Dans tout les cas ou tout les projets il faut que ça reste collectif donc pour tous et sans oublier les handicapés

  2. Je soutiens le projet de l’Auberge de l’Isère qui permettra à ce lieu de rester dans le patrimoine romanais . La vente à un privé serait une perte pour tous, sans retour pour l’avenir.
    Je considère que les élus ont le devoir de mettre le facteur du bien public en priorité, c’est pour cela qu’ils sont en place à la Mairie.

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